
Ensemble architectural · 1127 (minaret), 1514 (mosquée), 1535–1536 (médersa)
Ensemble Po-i-Kalon
Le cœur de la Boukhara sacrée : le minaret Kalon du XIIe siècle, épargné par Gengis Khan, l’immense mosquée Kalon et la médersa Mir-i-Arab aux coupoles turquoise, face à face sur une même place pavée.
Présentation
Po-i-Kalon signifie « au pied du grand », et le grand, c’est le minaret Kalon. Élevé en 1127 par le souverain karakhanide Mohammed Arslan Khan, il s’élance à environ 46 mètres depuis une base de près de dix mètres de diamètre, et pendant huit siècles il domina seul l’horizon de Boukhara. Tout le reste de la place fut bâti autour de lui, détruit, puis rebâti.
Le minaret
La tour est entièrement en brique cuite, et pourtant aucun de ses bandeaux décoratifs ne se répète : chevrons, treillis, losanges et lettres coufiques naissent tous de la même brique ordinaire, tournée et posée de différentes manières. Un unique bandeau turquoise d’inscription glaçurée court sous la lanterne, dont les seize arcades servaient autrefois au muezzin et, en temps de guerre, aux guetteurs. Quand Gengis Khan prit Boukhara en 1220, il incendia la mosquée voisine mais ordonna d’épargner le minaret. Les siècles suivants lui donnèrent un nom plus sombre, la tour de la Mort : des récits du XIXe et du début du XXe siècle décrivent des condamnés précipités du sommet.
La mosquée Kalon
La grande mosquée, à l’ouest de la place, fut achevée en 1514, quand Oubaïdoullah, neveu du fondateur chaybanide Mohammed Chaybani, gouvernait Boukhara et entendait en faire une capitale rivale de Samarcande. Sa cour est immense, encadrée d’arcades portant 288 petites coupoles sur 208 piliers, et pourrait accueillir, dit-on, quelque dix mille fidèles un jour de fête. La grande coupole bleue au-dessus du mihrab est celle que l’on aperçoit de tous les toits de la vieille ville. La mosquée accueille de nouveau la prière du vendredi, comme avant ses années soviétiques d’entrepôt.
La médersa Mir-i-Arab
Face à la mosquée se dresse la médersa Mir-i-Arab de 1535–1536, du nom du cheikh yéménite Abdoullah Yamani, dit Mir-i-Arab, guide spirituel d’Oubaïdoullah Khan. Le khan lui-même repose aux côtés de son maître sous la coupole de la médersa, choix inhabituel pour un souverain de l’époque. Mir-i-Arab fut l’une des très rares médersas autorisées à enseigner durant une grande partie de la période soviétique, et c’est toujours un séminaire en activité : les visiteurs peuvent jeter un œil au vestibule et à la cour depuis l’entrée, mais pas aller plus loin.
Comment le découvrir
Venez deux fois. Le matin, la place est calme, la lumière rase la brique du minaret et chaque motif se lit clairement. À la nuit tombée, l’ensemble est illuminé et la place se remplit de familles et de photographes. Pour la vue classique réunissant minaret, mosquée et médersa, installez-vous au coucher du soleil sur l’un des cafés en terrasse sur les toits, en bordure de la place.
À ne pas manquer
- Les bandeaux de brique du minaret Kalon, tous différents
- Le bandeau d’inscription turquoise sous la lanterne
- La cour à arcades de la mosquée Kalon et ses 288 coupoles
- La coupole bleue au-dessus du mihrab de la mosquée
- Les deux coupoles turquoise de la médersa Mir-i-Arab
- La place illuminée à la nuit tombée
- Le coucher du soleil sur l’ensemble depuis une terrasse sur les toits
Galerie




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